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Politique

Sur cette page, nous publions journellement des sujets politiques d'actualité traités par des quotidiens Congolais. Nous ne manquerons pas d'en citer les sources.

Merci.

 

RDC : Le MLC ne participera pas à un éventuel gouvernement d’union nationale (Actualité Cd du 22 janvier 2019)

Photo ACTUALITE.CD Photo ACTUALITE.CD

Le Mouvement de Libération du Congo (MLC) ne participera pas à un éventuel gouvernement d’union nationale, a dit à ACTUALITE.CD, Eve Bazaiba, secrétaire générale du parti de Jean-Pierre Bemba.

« Nous ne pouvons pas participer à un gouvernement sur fond de corruption. Nous nous sommes battus pour un Etat de droit. L’Etat de droit ne signifie pas arrangement, combine et combinaison pour gérer le pouvoir. Ce qui est mal conçu, ce qui est mal préparé va continuer négativement. Vous en avez vu la preuve », a-t-elle déclaré.

Plusieurs messages émanant de différents pays et organisations suggèrent à Félix Tshisekedi d’envisager une ouverture dans la gestion du pays pour minimiser les tensions politiques et préserver la cohésion nationale au lendemain d’une élection contestée par une partie de l’opposition et de la société civile.

Fraîchement proclamé cinquième président de la RDC après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, Félix Tshisekedi a également envoyé quelques signaux d’ouverture sans en dire plus.

Matinée politique de Fayulu : Sylvano Kasongo explique les incidents par « une incompréhension » (Actualité Cd du 22 janvier 2019)

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Au moins six militants de Lamuka étaient brièvement interpelés au siège provincial du Mouvement de Libération du Congo (MLC) où devrait se tenir une matinée politique animée par Martin Fayulu lundi dernier. La Police s’était déployée aux abords du lieu du rassemblement rendant difficile l’accès aux militants et cadres de Lamuka.

« Compte tenu de ce qui s’était passé en 2016, il faut avoir l’autorisation de l’autorité politico-administrative pour une manifestation publique. Si c’est une manifestation dans un enclos, il n’y a pas de problème. Mais pour une manifestation à un endroit public, il faut une autorisation. C’est la loi. Nous sommes-là, nous allons encadrer comme c’est à l’intérieur (…). Nous croyions que la manifestation devrait se dérouler en plein air. Nous étions à l’extérieur, pas à l’intérieur », a expliqué à ACTUALITE.CD, Général Sylvano Kasongo, chef de la Police à Kinshasa.

Pour lui, les incidents étaient dus à l’incompréhension entre organisateurs et militants.

« Il y a eu des petits incidents parce qu’il y a eu incompréhension. Les gens étaient venus avec un bus pour mettre le podium à l’extérieur et la Police est intervenue. Nous avons interpelé le chauffeur et les deux personnes qui étaient à bord du véhicule qui transportait le podium, lequel véhicule était sans plaque d’immatriculation. Après échange avec l’honorable Fidèle Babala, ils ont été libérés (…). Il y avait quelques militants interpelés. Ils ont été relâchés. Tout est rentré normalement. Fayulu peut faire son meeting sans problème. Nous sommes une police républicaine. La population peut venir sans problème pour autant que c’est à l’intérieur. Nous appelons la population au calme », a t-il expliqué.

Au sujet de l’agression du journaliste Stanis Bujakera Tshiamala par un groupe de policiers, le Général Sylvano Kasongo annonce une interpellation.

« C’est un cas isolé que nous regrettons. L’officier qui était sur place a été interpelé. Il est aux arrêts. Nous n’avons pas compris cette brutalité », a t-il ajouté.

Finalement, c’est Eve Bazaiba qui s’est entretenu avec les militants présents sur l’Avenue de l’Enseignement pendant que Martin Fayulu sillonnait quelques quartiers de Kinshasa.

RDC : La Russie salue l’élection de Félix Tshisekedi (7 sur 7 du 22 janvier 2019)

A travers son ministre des affaires étrangères, la Russie a salué lundi 21 janvier 2019, l’élection de Félix Tshisekedi comme président de la République Démocratique du Congo.

“Nous considérons les élections comme un tournant dans la vie politique de la RDC. C’est la première fois dans l’histoire du pays que le transfert pacifique du pouvoir résulte de la volonté populaire”, a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

A lui d’ajouter, “nous comptons sur une coopération constructive avec les nouveaux dirigeants de la République démocratique du Congo afin de renforcer l’amitié et le partenariat traditionnels entre nos pays et d’approfondir la coopération russo-congolaise dans les domaines politique, économique et humanitaire”.

3 pays membres du conseil de sécurité de l’ONU notamment la France, la Russie et la Chine ont déjà salué la victoire de Félix Tshisekedi comme nouveau président élu de la RDC.

Jeff Kaleb Hobiang

Kagamé, Sassou, Museveny, Déby : Que pouvait attendre la RDC des despotes africains ? (Le potentiel du 22 janvier 2019)

 

Dans un communiqué audacieux faisant fi du langage diplomatique, les chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine ont sans gant pilonné le gouvernement de RDC, allant jusqu’à demander à la Cour constitutionnelle de suspendre la proclamation des résultats des élections d’un pays souverain.

C’est un communiqué pas habituel qui a sanctionné le sommet des chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union africaine sur la situation en République démocratique du Congo (RDC), le jeudi 17 janvier. Ayant « conclu à des doutes sérieux quant à la conformité des résultats provisoires, proclamés par la Commission électorale nationale indépendante », ils ont par conséquent, demandé à la Cour constitutionnelle de sursoir à la proclamation des résultats. Une première !

Quelle prétention de l’UA ! D’ailleurs, qui sont les chefs d’Etats qui étaient présents à cette rencontre ? Il s’agit selon Jeune Afrique de Abiy Ahmed (Éthiopie), Alpha Condé (Guinée), Idriss Déby Itno (Tchad), Hage Geingob (Namibie), Paul Kagame (Rwanda), João Lourenço (Angola), Edgar Lungu (Zambie), Yoweri Museveni (Ouganda) et Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville).

Un rapide coup d’œil sur cette liste de présence révèle deux choses : la plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des chefs d’Etat et de Gouvernement présents, sont très loin d’être des modèles en matière de respect des droits humains, de la démocratie et de bonne gouvernance. A commencer par la tête de gondole, Paul Kagame. Un despote sans foi ni loi qui a imposé la dictature dans son pays.

C’est ce Paul Kagame dont « La répression exercée contre les opposants politiques s’est poursuivie avant et après les élections, s’illustrant par des cas de graves restrictions aux libertés d’expression et d’association, d’homicides illégaux et de disparitions non élucidées », selon Amnesty International, qui a eu le culot de donner une leçon de démocratie au Congo. Il a vraiment osé !

Des présidents sanguinaires

Pourtant, c’est ces chefs d’Etat sanguinaires qu’une partie de la jeunesse africaine voue un respect incompréhensible. Se prenant pour l’ »alpha et l’Omega » des Rwandais, Paul Kagame ne supporte aucune critique. Et toute incartade de qui ce qui se soit le conduit direct en prison, du moins pour les plus chanceux. Sinon, c’est un voyage sans retour au cimetière. Il est soupçonné de déstabiliser l’Est de la RDC. Et c’est ce contre-exemple pour la jeunesse que l’Union africaine a placé à sa tête.

Que dire du voisin Denis Sassou Nguesso, dont « Des dizaines d’opposants politiques, dont certains étaient des prisonniers d’opinion, se trouvaient toujours en détention. » Poursuivant la description de la situation du pays, Amnesty International notera qu’« Aucune enquête n’a été ouverte sur les allégations faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des membres des forces de sécurité et des surveillants pénitentiaires. » Au pouvoir depuis plus de 30 ans, c’est le moins bien placé pour parler de démocratie.

Quant à l’Ougandais Yoweri Museveni, il se fait le malin plaisir « d’arrêter », « mettre en prison » et de « harceler » « Des journalistes et d’autres personnes ayant critiqué le président ou sa famille (…) ». En quoi un président dont la femme est ministre de l’Education et gouvernant son pays d’une main de fer, peut-il dire à Joseph Kabila à propos de la démocratie et du respect des droits humains ?

Pour ce qui est d’Idriss Déby, un président corrompu à hauteur de 1 milliard 200 millions de francs Cfa en espèces par l’homme d’affaire Hongkongais Patrick Ho Chi-Ping, qui encourt une peine de 10 ans de prison aux Etats-Unis, doublé d’un président qui fait disparaitre mystérieusement ses opposants, c’est ce monsieur qui devait fouler le sol kinois pour parler de démocratie.

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Sinon, beaucoup de chef d’Etat africains ce seraient déjà retrouvé sous terre.

François MENDY, Correspondant à Paris

Elections en RDC : 10% des femmes élues aux législatives nationales (CAFCO) (Radio Okapi du 22 janvier 2019)

 

Des banderoles et affiches des candidats aux élections législatives et présidentielle de décembre 2018 arborées sur les lieux publics de la capitale de la RDC, le 12 décembre 2018. Radio Okapi/Photo John Bompengo

 

Le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO) rapporte que 10% des femmes ont été élues aux législatives nationales, selon les résultats provisoires de l’élection organisée le 30 décembre en RDC. Cette structure estime que ce pourcentage est loin de la parité exigée dans les textes internationaux ratifiés par la RDC.

Ces chiffres ont été publiés au cours d’une session d’informations et d’échanges organisée ce lundi 21 janvier à Kinshasa par CAFCO, partenaire du PNUD dans un programme d’accompagnement des femmes dans le processus électoral en cours.

Mais les candidates non élues sont à encourager et à féliciter, indique le CAFCO. Car, argumentent les responsables de cette organisation, elles ont osé et ont battu campagne et elles ont gagné en expérience.

Jacqueline Karydas Mulamba, candidate malheureuse dans la circonscription de Lukunga a participé à cette session. Elle plaide pour l’accomplissement de la parité dans les institutions restantes.

« Pourquoi est-ce qu’on n’a jamais eu une femme Premier ministre ? Combien de femmes gouverneurs a-t-on eues aujourd’hui ? Pourquoi ne peut-on pas soutenir la femme ? Si nous avons raté effectivement au niveau du Parlement, pourquoi ne pouvons-nous pas donner la possibilité aux femmes d’accéder au Sénat, d’accéder au poste de gouverneur, d’accéder à des postes ministériels qui ne soient pas uniquement Genre et famille, Social…Parce que c’est toujours ces postes là qu’on donne aux femmes. Comme si les femmes ne sont pas capables. Pourtant il y a des femmes qui sont réellement capables », propose Jacqueline Karydas Mulamba.

Bruno Tshibala : mission accomplie (Forum des As du 22 janvier 2019)

ELECTIONS DU 30 DECEMBRE 2018

Dans son discours d’investiture prononcé le 14 mai 2017 devant l’Assemblée nationale, Bruno Tshibala - nommé Premier ministre le 7 avril de la même année, - avait clairement décliné les principales missions de son équipe. A savoir : le financement et l’organisation des élections dans de meilleurs délais, la stabilité du cadre macroéconomique, l’amélioration des conditions de vie des Congolais et la restauration de la sécurité des personnes et de leurs biens sur l’ensemble du territoire national congolais. Principalement, la partie Est du pays.

A l’heure de la reddition des comptes, force est donc de constater que le Premier ministre Bruno Tshibala a réalisé la plus grande mission assignée à son Gouvernement. Ici, le débat n’est pas d’aimer ou de ne pas l’aimer. Plutôt, d’apprécier l’action du Premier ministre, à l’aune des résultats.
Nommé et investi Premier ministre dans un contexte politique particulier, Bruno Tshibala Nzenze avait promis d’organiser un scrutin qui devrait prendre date avec l’histoire du pays. "Mon gouvernement organisera les meilleures élections de l’histoire du pays", avait-il rassuré.
Au jour d’aujourd’hui, le pari est gagné. Pour une première fois, la RD Congo a réussi à organiser des élections générales le 30 décembre 2018, sans le moindre appui extérieur. Autrement dit, le processus en cours est entièrement financé sur fonds propres du trésor public. Souveraineté nationale oblige !
Qui plus est, ces élections consacrent l’alternance au plus haut sommet de l’Etat, avec un Président élu issu de l’Opposition. Ironie de l’histoire, c’est le fils du plus illustre des pères fondateurs du parti Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) - dont Bruno Tshibala est co-fondateur - qui a été porté à la Magistrature suprême de la RD Congo. Tout un symbole.
Toujours dans le même registre de l’organisation des élections, Bruno Tshibala avait rappelé que le but poursuivi était celui de résoudre la question de la légitimité démocratique et du fonctionnement régulier des institutions de la République. Ainsi, pour réaliser cette mission qui se présentait comme un véritable défi à relever par le nouveau Gouvernement estampillé d’union nationale, Bruno Tshibala avait clairement dévoilé les actions à mener par son équipe. Entre autres, la mobilisation des ressources internes et externes nécessaires pour financer le budget des élections, la constitution d’une provision trimestrielle au profit de la CENI pour financer l’ensemble du processus électoral, l’exploration des voies et moyens de rationalisation du système électoral pour réduire les coûts des opérations électorales.
Parce que l’organisation des élections relevait des affaires internes de la RD Congo, et donc de sa souveraineté, le Premier ministre avait insisté sur le fait qu’il fallait, à tout prix, éviter que l’aide matérielle et financière d’appoint qui viendrait des partenaires extérieurs de la RD Congo pour l’organisation desdites élections, ne soit une occasion pour certains de s’ingérer dans les affaires intérieures du pays. Ce, a-t-il insisté, "en violation délibérée des règles pertinentes du droit international et de la Charte des Nations Unies qui protègent la souveraineté de chaque Etat- concernant les affaires qui relèvent essentiellement de sa compétence nationale ".

LE ROI DOLLAR CONTENU DANS LA FOURCHETTE DE 160 ET 165
Au chapitre de la stabilisation et relance de l’économie nationale, Bruno Tshibanda ne s’était pas leurré. Sur ce point précis, la situation macroéconomique et financière de la RD Congo était celle marquée par deux années consécutives de dégradation prononcée. Celle-ci s’était manifestée, notamment par le repli du taux de croissance, passé de 6,9 en 2015 à 2,4 en 2016, une augmentation du niveau des prix intérieurs par la dépréciation continue du franc congolais sur le marché de change et par la baisse des réserves de change.
Selon le Premier ministre, la conjonction de plusieurs facteurs internes et externes, était donc à la base de cette situation très peu reluisante. Il s’agit, au plan interne, de la faiblesse des cours de principaux produits de base exportés par la RDC. Cette faiblesse, expliquait Bruno Tshibala, avait en son temps, induit une contraction des recettes d’exportations du pays et des marges bénéficiaires des entreprises.
Conjuguée à la réduction des entrées des capitaux, cette évolution avait conduit plusieurs faits. Entre autres, le déséquilibre persistant de la balance des paiements, dans un contexte de tarissement des financements extérieurs, la baisse des investissements et le ralentissement prononcé de l’activité économique intérieure. A cela, il fallait ajouter l’érosion de la base imposable et la contraction des recettes publiques, avec comme conséquence la détérioration de la situation financière de l’Etat, la chute drastique de l’offre des devises et des réserves internationales de la Banque Centrale, laquelle, dans un contexte de quasi-rigidité de la demande des devises tenant aux importations des biens de première nécessité,avait conduit à la dépréciation continue du taux de change.
A ce jour, point n’est besoin d’être expert en la matière, pour constater des changements notables engrangés dans ce secteur. On aura donc remarqué que même si le taux n’est pas descendu à 100, le "roi dollar ? a été contenu dans sa case. En tout cas, le taux de change a oscillé entre 1600 et 1650 fc. Cela, en dépit de quelques moments de Yo-yo.

DES AVANCEES SECURITAIRES CERTAINES
Sur le plan sécuritaire, l’année 2017 faut-il le rappeler, avait enregistré plusieurs conflits sur le territoire national. L’opinion se rappelle à cet effet, de la rivalité entre Pygmées et Bantous dans la province du Tanganyika, le phénomène Kamuina Nsapu dans l’espace Grand Kasaï. Cette barbarie avait été marquée par des actes de violence intolérables mettant en danger l’ordre public, la paix et la stabilité du pays ainsi que la poursuite des opérations électorales dans ces provinces.
On ne saurait donc pas boucler le chapitre de l’insécurité en RD Congo, sans parler de la situation de l’Est du pays, considéré par plus d’un analyste, non sans raison, comme le ventre mou du pays. Ainsi, pour faire face à toutes ces situations, le Gouvernement Tshibala s’était engagé à mettre en œuvre certaines actions. Au nombre desquelles, le renforcement et l’amélioration de la mise en condition des FARDC, de la Police nationale congolaise (PNC) ainsi que celle des services de sécurité ; la poursuite de la restructuration, la réorganisation et l’équipement des FARDC ; la poursuite des opérations militaires dans la partie Est du territoire national.
Plus d’une année après, les Congolais auront remarqué que hormis le Grand Nord où les terroristes ADF mènent une guerre asymétrique contre les forces régulières et assassinent de paisibles citoyens, la quasi-totalité de la RD Congo est globalement stable. Une telle embellie dans un pays post- conflit, ne peut donc qu’être soulignée. A preuve, les élections générales du 30 décembre 2018 se sont déroulées normalement sur le reste du territoire. Evidemment, à part Yumbi dans la province du Mai-Ndombe et certains territoires du Grand Nord dont Beni, Beni Ville et Butembo.
A l’aune de ces résultats positifs enregistrés dans les secteurs inscrits parmi les priorités de son Gouvernement, il y a donc lieu d’affirmer que le verre Tshibala n’est pas vide. Maintenant qu’il s’apprête à passer le flambeau au Premier ministre et au Gouvernement issu des législatives nationales du 30 décembre dernier, Bruno Tshibala peut donc légitimement déclarer qu’il a effectivement rempli sa part de contrat. C’est donc en Républicain qu’il vient de féliciter le président élu, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. Et aussi, c’est en patriote qu’il salue, le courage et l’action du Président sortant Joseph Kabila. Grevisse KABREL

Déclaration politique de SEM le Premier Ministre, Chef du Gouvernement à l’occasion de l’élection du président de la République Félix Tshisekedi Tshilombo
(Lundi 21 janvier 2019)

Congolaises et Congolais Mes très chers compatriotes
La Cour constitutionnelle vient de proclamer M. Félix Tshisekedi Tshilombo définitivement élu Président de la République Démocratique du Congo à l’issue de l’élection présidentielle du 30 décembre 2018,
Au nom du Gouvernement de la République et en mon nom personnel, je présente mes très sincères félicitations au Président de la République élu.
Je lui souhaite donc bonne chance et plein succès dans l’exercice de sa haute et noble fonction à la tête de notre pays et de l’Etat congolais.
Avec l’organisation des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales le 30 décembre 2018, dans la paix et la concorde nationale, le Gouvernement d’union nationale a donc rempli la mission principale qui lui avait été assignée par l’Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016.
Mes très chers compatriotes,
Pour la première fois de l’histoire de notre pays, un Président de la République sortant transmettra le pouvoir, de manière pacifique, civilisée et ordonnée, à un nouveau Président de la République élu.

Je saisis cette occasion pour rendre un vibrant hommage à son Excellence Joseph Kabila Kabange, Président de la République et Chef de l’Etat sortant, dont le patriotisme et le courage politique sont exemplaires et incontestables, pour avoir rendu possible ce grand événement historique qui honore le peuple congolais.
Une nouvelle page de l’histoire politique de notre pays vient donc de s’ouvrir devant nous, sous le regard de nos enfants qui représentent le Congo de demain.
Je souhaite vivement que nous puissions écrire cette nouvelle page de notre histoire, avec dignité, sagesse, responsabilité et oubli des frustrations personnelles, en mettant la stabilité de notre pays, la cohésion nationale, le bien commun et l’intérêt supérieur du peuple congolais au centre de notre action politique.
Pour ma part, je tiens à souligner, avec l’ensemble du Gouvernement de la République, que nous donnerons le meilleur de nous-mêmes pour assurer, dans l’intérêt supérieur de la nation, une collaboration patriotique et républicaine au nouveau Président de la République élu jusqu’à l’entrée en fonction du futur Gouvernement issu des élections législatives du 30 décembre, vive la République Démocratique du Congo !
Que Dieu bénisse le peuple congolais !
Je vous remercie

RDC : Fayulu demande aux Chefs d’Etat africains de ne pas encourager la fraude (Actualité CD du 21 janvier 2019)

Photo ACTUALITE.CD Photo ACTUALITE.CD

Martin Fayulu se considère désormais comme le seul président légitime de la RDC. Il a appelé le peuple congolais ainsi que la communauté internationale à ne pas reconnaître le pouvoir de Félix Tshisekedi.

« Aux Présidents africains qui demandent aux Congolais de respecter la décision de la Cour constitutionnelle, je les prie de respecter la décision souveraine du peuple congolais qui m'a élu Président à plus de 60%. N'encourageons pas la fraude, le mensonge et le faux », a-t-il publié sur ses réseaux sociaux.

L’Union africaine a pris acte des résultats publiés par la Cour Constitutionnelle. Certains chefs d’Etat africains ont déjà commencé à transmettre à Tshisekedi les félicitations.

Fayulu, qui a donné rendez-vous à ses militants aujourd’hui dans l’avant-midi au siège provincial du Mouvement de Libération du Congo (MLC), sur l'avenue de l'Enseignement, dans la commune de Kasa-Vubu, a mis à jour ses comptes et pages sur les réseaux affirmant qu’il est le président élu de la RDC.

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RDC : La prestation de serment de Félix Tshisekedi reportée à une date ultérieure (Proches) (7 sur 7 du 21 janvier 2019)

Initialement prévue pour ce mardi 22 janvier 2019, la prestation de serment du nouveau président élu de la République Démocratique du Congo Félix Tshisekedi, a été reportée à une date ultérieure.

Selon certains proches du président de la République entrant, c’est pour des raisons logistiques que cet événement a été repoussé.

D’autres sources ont par ailleurs confié à 7SUR7.CD qu’elle pourrait avoir lieu ce jeudi 24 janvier.

La victoire de Félix Tshisekedi à l’élection présidentielle de décembre 2018 a été définitivement confirmée dimanche dernier par la Cour Constitutionnelle.

Les juges de la haute juridiction congolaise ont validé les résultats provisoires de la Commission Électorale Nationale Indépendante, “CENI”, selon lesquels Tshisekedi a obtenu 38,57%.

Ce qui fait du fils biologique de feu Étienne Tshisekedi, le 5ème président de l’histoire de la République Démocratique du Congo.

Le président de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social, “UDPS”, va ainsi succéder à Joseph Kabila qui a dirigé la RDC pendant 18 ans.

Jephté Kitsita

Ce mardi, investiture de Félix Tshisekedi : Fin de la longue marche de l’UDPS (Le Potentiel du 21 janvier 2019)

Enfin, l’Udps accède à la magistrature suprême. Il a fallu at- tendre 36 ans pour que la fille aînée de l’opposition congolaise – parti créé en 1982 par les frondeurs du MPR – se retrouve enfin aux commandes de la RDC. Proclamé dans la nuit du samedi 19 et dimanche 20 janvier par la Cour constitutionnelle comme nouveau président de la RDC, Félix Tshisekedi devient ainsi le 5ème président de la République. Pour l’Udps, c’est le couronnement d’une longue marche, entamée dans les conditions difficiles et parfois atroces en 1982, aux temps forts de la dictature de la 2ème République. Depuis sa confirmation par la Cour constitutionnelle, Félix Tshisekedi reçoit déjà les félicitations de ses pairs africains.

Le Potentiel

Président élu de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi a échappé des griffes de la Cour constitutionnelle qui l’a confirmé, dans la nuit du samedi 19 au dimanche 20 janvier, président de la République démocratique du Congo. Fini le suspense. Félix Tshisekedi succède à Joseph Kabila, dont la candidature à la présidentielle a été portée par la coalition CACH (Cap vers le changement).

Aucun voyage n’est long, dès l’instant où on atteint l’objectif, dit-on. C’est le moins que l’on puisse au regard de la longue épopée qu’a connue l’UDPS. Créée en 1982 par les frondeurs de l’ex parti- Etat, le MPR, l’UDPS a dû attendre 36 ans pour voir enfin ses rêves de présider aux destinées de la RDC s’accomplir. Si le père, Etienne Tshisekedi, décédé en 2017 en Belgique, n’a pas pu le faire, c’est le fils, Félix Tshisekedi, qui a réussi l’exploit d’ouvrir les portes du Palais de la nation à l’UDPS. A l’UDPS, l’heure de la gloire a sonné. C’est aussi le moment pour l’UDPS de matérialiser enfin son vieux rêve d’un Congo prospère bâti sur la démocratie et le progrès social.

LA COUR DÉBOUTE FAYULU

A la Cour constitutionnel le, qui a statué le week-end sur le contentieux électoral à la présidentielle porté à son arbitrage, la surprise n’a pas été au rendez-vous. Comme prévu, le président élu a échappé à la guillotine des juges de la haute Cour. Face à la requête présentée par Martin Fayulu, arrivé deuxième à la présidentielle, les juges de la Cour constitutionnelle l’ont débouté sur la base des arguments de droit.

« Proclamé élu à la majorité simple président de la République, M. Félix Tshisekedi», a ainsi annoncé Benoît Lwamba Bintu, le président de la Cour constitutionnelle.

Rejetés pour la plupart, ou jugés très généreux ou non soutenus par des preuves, autrement dit « non fondés », les trois moyens – deux principaux et un subsidiaire – présentés par les avocats de Martin Fayulu n’ont pas convaincu les juges. Ils consistaient en la dénonciation de la « violation de la loi électorale », de la « non-prise en compte des résultats affichés devant les bureaux de vote » et de « l’exclusion » des citoyens de Beni, Butembo et Yumbi du scrutin présidentiel.

La requête relative à l’annulation du vote pour la présidentielle à Beni et Butembo a été considérée comme « recevable mais non fondée », car « cas de force majeure » du fait de la résurgence de la maladie à virus Ebola. « La Cour constitutionnelle a ainsi délibéré et statué » sur les requêtes de la Dynamique de l’opposition, a affirmé à RFI le juge Kilomba, dans un arrêt « irrévocable ».

La prestation de serment de Félix Tshisekedi est prévue mardi 22 janvier, selon le dernier calendrier de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). « Félix [Tshisekedi] est le nouveau président de la République. Il faut s’y habituer », a commenté à Jeune Afrique un proche de Joseph Kabila, le chef de l’État sortant.

L’on se rappelle que, jeudi dernier, l’Union africaine avait, au terme d’un sommet convoqué par le président rwandais, Paul Kagame, de- mandé à la Cour constitutionnelle de suspendre l’annonce des résultats définitifs à la présidentielle du 30 décembre, estimant qu’il existait des « sérieux doutes » sur la crédibilité des résultats provisoires proclamés le 9 janvier 2019 par la Céni.

A Kinshasa, des voix discordantes se sont directement fait attendre, notamment celles portées par le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga. Kinshasa a donc pris l’UA à contrepied, alors qu’Addis-Abeba avait en même temps dépêché une délégation à Kinshasa dès ce lundi pour s’enquérir de la situation sur le terrain. Selon Rfi, cette mission n’aurait plus lieu. Résignation ou stratégie, en attendant une concertation entre l’UA et le Conseil de sécurité de l’Onu qui ne partagent pas le même entendement sur le processus électoral en RDC.

UNE NOUVELLE PAGE D’HISTOIRE POUR L’UDPS

Quoiqu’il en soit, Félix Tshisekedi est désormais président de la République démocratique du Congo. Les décisions de la Cour constitutionnelle étant irrévocables, rien n’empêche le président Félix Tshisekedi de prêter le serment constitutionnel devant la même Cour dès ce mardi 22 janvier. Pour l’UDPS, c’est la fin d’une longue marche qui aura duré 36 ans. Autant une nouvelle page s’ouvre pour la RDC, autant une autre, avec de nombreux défis, se présente à l’Udps.

En réalité, le fils, Félix Tshisekedi, a réalisé ce que le père, Etienne Tshisekedi, n’a pas pu faire en trente ans de lutte. Les clés du Palais de la nation lui ont été remises.

L’AFDC-A, le premier du top 5 (Forum des As du 21 janvier 2019)

A LA FAVEUR DU NOMBRE DE DEPUTES NATIONAUX ET PROVINCIAUX ELUS

* Le regroupement de Bahati est suivi du PPRD, de l’AAB et de l’UDPS/Tshisekedi.
Après la présidentielle, le jeu politique se joue au niveau des Assemblées législatives nationales et provinciales. C’est-à-dire les députés nationaux et provinciaux élus de différents partis et regroupements politiques dans les 26 provinces de la République démocratique du Congo. Dans cette configuration politique l’AFDC-A de Bahati Lukwebo s’impose avec un total de 109 députés à raison de 41 à l’Assemblée nationale et 68 dans les Assemblées provinciales.

Il est talonné par le PPRD qui a engrangé au total 108 députés : 52 députés nationaux et 56 provinciaux tandis que le regroupement politique AAB est en égalité avec l’UDPS/Tshisekedi avec 75 députés au total. Le premier de cette série dispose de 30 députés nationaux et 45 provinciaux tandis que le second aligne 32 députés nationaux et 43 provinciaux.
Cependant, le PALU-A d’Antoine Gizenga vient en 12ème position avec 37 députés : 17 pour l’Assemblée nationale et 20 pour la provinciale. Le G7 de Moïse Katumbi se contente de 36 députés exaego avec AAAC.
L’UNC de Vital Kamerhe se retrouve avec 20 députés au même titre que le MIP. UNC : 15 nationaux et 5 provinciaux tandis que MIP : 7 nationaux et 13 provinciaux .
Emma MUNTU

J. Kabila - Fatshi : passation civilisée de pouvoir demain (Forum des As du 21 janvier 2019)

SAUF ULTIME CHANGEMENT DE CALENDRIER
J. Kabila - Fatshi : passation civilisée de pouvoir demain
lundi 21 janvier 2019
 

* Une grande première dans l’histoire du pays depuis son accession à l’indépendance en 1960

Sauf ultime changement de calendrier, le président congolais sortant Joseph Kabila, passera le flambeau demain mardi 22 janvier, à son successeur Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, gagnant de la présidentielle du 30 décembre dernier. La cérémonie, apprend-on, aura lieu à la Cité de l’UA, dans la commune de Ngaliema, en présence les Hauts Magistrats. Sans surprise, dans la mesure où ce sont eux qui reçoivent le serment du Chef de l’Etat, avant son entrée effective en fonction.

La solennité de ce mardi, au cas où elle serait réelle, interviendrait environ 48 heures après le verdict de la Cour constitutionnelle, rendu tard dans la nuit de samedi 19 à dimanche 21 janvier. Ce,en réponse à la requête en contestation des résultats provisoires dudit scrutin, introduite le 1e janvier par Martin Fayulu Madidi qui s’était déclaré le vainqueur de la même élection présidentielle.
Au terme de sa décision sur la publication des résultats définitifs de la présidentielle, la Haute Cour a proclamé Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Président élu au suffrage universel du 30 décembre dernier. Dorénavant, plus rien ne reste. Autant le souligner tout de suite, cet Arrêt de la Cour Constitutionnelle met ainsi un terme à la très vive polémique survenue après la publication, dix jours plus tôt, soit le 10 janvier par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), des résultats provisoires de ladite élection.

UNE GRANDE PREMIERE DANS L’HISTOIRE DE LA RD CONGO
Ce n’est pas la première fois que les Congolais assisteront à la prise de fonctions du président de leur pays. Cependant, la manifestation de demain est une grande première dans l’histoire de l’ex-colonie belge. Dans une RD Congo où le Chef de l’Etat est soit, chassé de force du pouvoir (Joseph Kasa-Vubu en 1965, Joseph-Désiré Mobutu en mai 1997) soit, tué (Laurent-Désiré Kabila en janvier 2001), ce sera donc la première fois que le peuple congolais assistera à une passation civilisée du pouvoir entre un Président sortant et son remplaçant élu. Pour le coup, deux fils de ... A savoir : Kabila junior et Tshisekedi junior.
Au-delà de son caractère rituel, la manifestation de ce mardi aura toute sa symbolique d’autant qu’elle permettra au nouveau Chef de l’Etat de prendre réellement ses fonctions. Autrement dit, c’est après prestation de serment, que Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo sera investi de tous les pouvoirs en tant que Président de la République. C’est donc un quinquennat qui commence sur fond de plusieurs enjeux. Entre autres, les défis économiques, sécuritaires et sociaux. Le successeur de Joseph Kabila n’ignore pas toutes les promesses faites à ses compatriotes lors de sa campagne électorale. Aujourd’hui qu’il est élu, les mêmes Congolais attendent le voir agir dans le sens de matérialiser lesdits engagements.

86 MILLIARDS EN 10 ANS
Sur le plan économique, par exemple, le nouveau Chef de l’Etat, alors candidat à l’élection présidentielle, avait promis de doter laRD Congo d’un budget qui, non seulement réponde à ses ambitions, mais reflète effectivement ses potentialités en termes de richesses. Cela impliquait l’amélioration des conditions de vie des Congolais, notamment par le payement des salaires décents, permettant au travailleur congolais de renouer les deux bouts du mois.
Toujours en ce qui concerne le social des Congolais, Tshisekedi Junior avait, par ailleurs, promis de traduire en réalité, la gratuité de l’Enseignement de base garantie par l’article 43 de la Constitution en vigueur. Dans tous les coins du pays où il s’est rendus pendant la campagne électorale en novembre 2018, le futur - à un jour près - locataire du Palais de la Nation qui prendra les clefs demain mardi, n’avait de cesse de garantir cette gratuité de l’Enseignement primaire, une fois qu’il était porté au sommet de l’Etat.
Sur le plan sécuritaire, la situation précaire dans la partie Est de l’immense territoire congolais constitue le principal front du nouveau Chef de l’Etat. Sinon, la priorité des priorités de son action dans cette partie du pays où les rebelles ougandais ADF-NALU et plusieurs autres groupes armés actifs, massacrent des populations civiles sans aucune défense. Pour rappel, le candidat Fatshi avait promis d’installer l’Etat-major à Beni.

60 JOURS POUR TRAITER LES RECOURS POUR LES LEGISLATIVES
Dès lors que la décision de la Cour constitutionnelle, haute instance de l’appareil judiciaire de la RD Congo est inattaquable et opposable à tous, le contentieux électoral pour le scrutin présidentiel appartient désormais au passé. C’est donc, une véritable page tournée du processus électoral en cours. A partir d’aujourd’hui lundi 21 janvier, la Cour entame le traitement des recours des candidats malheureux aux législatives nationales.
Compte tenu du volume du travail, au regard du très grand nombre de postulants (plus de 15.000 candidats pour un total de 500 sièges à pourvoir), un délai de soixante jours calendrier a donc été donné aux Hauts Magistrats pour examiner toutes les requêtes, soit des candidats, soit de leurs regroupements politiques respectifs. A en croire le président de la Ceni, Corneille Nangaa qui l’avait annoncé le 12 janvier, date de la publication des résultats provisoires des législatives nationales, la fin du traitement des recours au niveau de la Cour constitutionnelle était prévue pour le 21 mars prochain.
A cette étape, il y a lieu de mettre en exergue le grand enjeu. Celui de la formation du Gouvernement. Car, cette mise en place de l’Exécutif dépendra de la majorité réelle au sein de l’Hémicycle. Grevisse KABREL

Elections 2018 : l'UA reporte sa mission à Kinshasa et « prend note » de l’élection de Félix TShisekedi (Radio Okapi du 21 janvier 2019)

Siege de l’union africaine à Kinshasa, aout/2016. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

 

L'Union africaine (UA) a reporté sa mission prévue lundi 21 janvier à Kinshasa en République démocratique du Congo (RDC). Dans un communiqué publié dimanche 20 janvier, elle dit avoir « pris note » de la proclamation de l'opposant Félix Tshisekedi comme président de la République par la Cour constitutionnelle.

« La Commission de l'Union africaine prend note de la proclamation par la Cour constitutionnelle de la République démocratique du Congo des résultats définitifs des élections présidentielle, législatives nationales et provinciales du 30 décembre 2018 », écrit l’UA.

La Cour constitutionnelle a validé dans la nuit de samedi à dimanche l'élection de Félix Tshisekedi devant l'autre opposant Martin Fayulu, qui conteste les résultats et se considère comme le vainqueur de cette présidentielle.

Elle est aussi habilitée pour traiter les contentieux des législatives nationales dont le délai d’examen est de deux mois. Quant aux provinciales, elle relève de la compétence de la Cour administrative d’appel.

« Il convient de noter que la visite de la délégation de haut niveau qui devait se rendre à Kinshasa le 21 janvier 2019 a été reportée », ajoute le communiqué.

Cette délégation devait être conduite par le président en exercice de l'UA, le chef de l’État rwandais Paul Kagame, et le président de la Commission de l'UA, le Tchadien Moussa Faki Mahamat.

Des membres de l'UA avaient souhaité jeudi à Addis Abeba la « suspension » de la proclamation des résultats définitifs, jugeant ceux de la Commission électorale congolaise (Céni) en faveur de M. Tshisekedi entachés de « doutes sérieux ».

« La Commission réitère la disponibilité continue de l'Union africaine à accompagner la RDC en cette phase critique de son histoire, en solidarité avec le peuple congolais », a poursuivi le document de l'UA.

La commission lance un appel à tous les acteurs « pour qu'ils œuvrent à la préservation de la paix et de la stabilité, ainsi qu'à la promotion de la concorde nationale dans leur pays. »

Un rapport sera soumis au sommet de l'UA en février 2019 « sur les efforts entrepris en solidarité avec, et en soutien à, la République démocratique du Congo », conclut le communiqué.

Avec AFP.

RDC : MSF s’inquiète de la situation à Yumbi et appelle à une intervention urgente (Actualité CD du 18 janvier 2018)

Photo ACTUALITE.CD Photo MSF

Médecins Sans Frontières (MSF) appelle les autres acteurs humanitaires à accélérer le déploiement de leur réponse humanitaire à Yumbi (Mai-Ndombe) en faveur des populations touchées par les violences qui ont fait selon l’ONU plus de 800 morts.

 « En cette période, le niveau élevé de l’eau submerge les îlots. Les gens s’abritent dans des cabanes partiellement construites mais cela ne suffit pas à les protéger de la pluie, de la fraicheur de la nuit et du vent, sans compter la saison particulièrement propice à la transmission du paludisme. Nous constatons l’impact de ces conditions de vie sur la santé au quotidien. La semaine dernière, nous avons réalisé près de 200 consultations par jour, dont plus de 20% auprès d’enfants de moins de cinq ans », explique une infirmière travaillant au sein d’une des cliniques mobiles MSF. Depuis fin décembre 2018, MSF a mis en place une réponse médicale d’urgence pour assurer des soins de santé primaires et appuyer les soins de santé secondaires dans cette zone.

Sur 1175 consultations réalisées à travers les cliniques mobiles entre le 4 et le 10 janvier 2019, plus d’un tiers des patients a été diagnostiqué avec le paludisme ou une infection respiratoire, rapporte l’ONG qui rapporte également des cas de malnutrition.

« En huit jours, nos équipes ont identifié 20 cas de malnutrition, dont 9 sévères, mais nous craignons que cette situation s’aggrave si des distributions alimentaires, entre autres, ne sont pas mises en place prochainement », s’inquiète Sophie Sabatier, Coordinatrice du Pool d’Urgence de MSF au Congo de retour de Yumbi, qui appelle dès lors tous les acteurs humanitaires à se mobiliser le plus rapidement possible pour fournir aux populations déplacées l’assistance dont elles ont besoin.

RDC-Présidentielle : M. Fayulu apprécie à juste titre l’appel à l’annulation ... (7 sur 7 du 18 janvier 2018)

... de la proclamation des résultats définitifs par l’UA

Le candidat commun de l’opposition de la coalition LAMUKA, Martin Fayulu Madidi, s’est réjoui ce vendredi 18 janvier 2019 de la déclaration de l’Union Africaine, appelant à l’annulation de la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle par la Cour Constitutionnelle de la République Démocratique du Congo.

“J’apprécie à juste titre la déclaration de l’Union Africaine pour parler franchement, de sérieux doutes sur la conformité des résultats proclamés persistent. Le seul moyen de dissiper ces doutes, c’est le recomptage des voix pour respecter la souveraineté du peuple congolais”, a indiqué M. Fayulu via Twitter.

Selon les chefs d’État et de Gouvernement de l’UA qui se sont réunis jeudi dernier à Addis-Abeba, il y a des doutes sérieux quant à la conformité des résultats provisoires, proclamés par la Commission électorale nationale indépendante, avec le verdict des urnes.

La déclaration de l’Union Africaine intervient quelques heures avant l’arrêt attendu de la Cour Constitutionnelle sur le contentieux électoral relatif au résultat provisoire de l’élection présidentielle de décembre dernier.

Jephté Kitsita

Elections 2018 : l'UA demande « la suspension » de la proclamation des résultats définitifs (Radio Okapi du 1! janvier 2018)

Audience publique à la Cour constitutionnelle de la RDC à Kinshasa, le 15/01/2019 lors des contentieux électoraux de l’élection présidentielle tenue le 30 décembre 2018. Radio Okapi/Photo John Bompengo

 

L'Union africaine (UA) a demandé à la Cour constitutionnelle la « suspension » de la proclamation des résultats électoraux définitifs. Lors de sa rencontre jeudi 17 janvier à Addis-Abeba (Ethiopie) sur le dossier de la RDC, plusieurs chefs d'Etats et de gouvernements africains ont conclu « qu'il y avait des doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires, tels qu'ils ont été proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ».

Selon les résultats provisoires de la CENI proclamés le 10 janvier dernier, l'opposant Félix Tshisekedi a remporté l'élection présidentielle avec 38,5%. Des résultats que contestent un autre opposant, Martin Fayulu, classé deuxième avec 35,2%. Il revendique la victoire avec 61% des voix. Il a saisi la Cour constitutionnelle qui doit proclamer les résultats définitifs d'ici mardi 22 janvier, date de la prestation de serment du nouveau président.

« En conséquence, les chefs d'Etat et de gouvernement demandent la suspension de la proclamation des résultats définitifs des élections », écrivent-ils.

« Les chefs d'Etat et de gouvernement ont convenu d'envoyer en urgence en RDC une délégation de haut-niveau comprenant le président de l'Union africaine (ndlr: actuellement le président rwandais Paul Kagame) ainsi que d'autres chefs d'Etat et de gouvernement, et le président de la Commission de l'Union africaine », ajoutent-ils.

Cette délégation devra entrer en contact « avec toutes les parties prenantes congolaises, dans le but de trouver un consensus sur une issue à la crise post-électorale dans le pays ».

Les pays africains réunis jeudi au siège de l'UA « demandent à tous les acteurs concernés en RDC d'interagir positivement avec la délégation africaine de haut-niveau, dans l'intérêt de leur pays et de leur peuple. »

La réunion a rassemblé Paul Kagame, président en exercice de l'UA, le président de la Commission Moussa Faki Mahamat, ainsi que plusieurs chefs d'Etat (Afrique du Sud, Zambie, Namibie, Ouganda, Rwanda, Congo, Guinée, Éthiopie et Tchad).

« Pour parler franchement, de sérieux doutes sur la conformité des résultats proclamés persistent », avait déclaré le président de la Commission de l'UA dans un discours préliminaire.

Ce dernier communiqué de l'UA montre un changement de ton par rapport à une précédente prise de position de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC).

Cet ensemble sous-régional s'était contenté d'appeler les acteurs politiques congolais « à obtenir des réponses à leurs doléances électorales dans le respect de la Constitution (congolaise) et des lois électorales concernées », sans parler d'un recomptage des voix.

Avec AFP.

Elections en RC : l'UA n'a pas à dire à la Cour ce qu'elle doit faire, rétorque Lambert Mende (Radio Okapi du 18 janvier 2018)

 

Le porte-parole du gouvernement de la RDC, Lambert Mende Omalanga lors d’un point de presse à Kinshasa, le 03/01/2018. Radio Okapi/Ph. John Bompengo

 

L'Union africaine n'a pas à dicter sa conduite à la Cour constitutionnelle en République démocratique du Congo, a déclaré vendredi 18 janvier, le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende. Il réagissait à l’appel, la veille, de cette organisation régionale demandant la « suspension » de la proclamation du résultat des élections.

« La Cour est indépendante, et de nous et de l'Union africaine », a déclaré à l'AFP Lambert Mende, qui ajoute : « Je ne pense pas qu'il appartienne au gouvernement ou même à l'Union africaine de dire à la Cour ce qu'elle doit faire. »

« Je ne sais pas s'il y a des pays où on peut interférer comme ça dans une procédure légale », s’est interrogé le ministre de la Communication et des Médias.

« La Cour fera ce qui est bon pour la manifestation de la vérité. Nous devons lui faire tous confiance », a-t-il demandé, se disant certain que l'UA marquerait au final son « respect dû » aux institutions congolaises.

L'UA a publié jeudi soir, à l'issue d'une réunion à Addis-Abeba de plusieurs chefs d’État et de gouvernement africains, un communiqué dans lequel elle émet « des doutes sérieux sur la conformité des résultats provisoires, tels qu'ils ont été proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ».

« En conséquence, les chefs d’État et de gouvernement demandent la suspension de la proclamation des résultats définitifs des élections », a poursuivi l'organisation continentale.

L'UA a aussi annoncé l'envoi lundi d'une délégation comprenant le président de la Commission de l'UA, Moussa Faki Mahamat, et le président de l'UA, le chef de l’État rwandais Paul Kagame.

Selon les résultats proclamés le 10 janvier par la CENI, l'opposant Félix Tshisekedi a remporté l’élection présidentielle devant son rival Martin Fayulu. L'autre opposant, Martin Fayulu revendique la victoire avec 61% des voix et a saisi la Cour constitutionnelle qui doit proclamer les résultats définitifs d'ici mardi 22 janvier, date prévue de la prestation de serment du nouveau président.

Avec l’AFP.

La marche pacifique de l’opposition dispersée à Uvira (Radio Okapi du 30 novembre 2017)

Un quartier de la cité d'Uvira, voisine de la ville de Bujumbura au Burundi.

 

Une personne été blessée jeudi 30 novembre matin dans la cité d’Uvira, lors de la dispersion par la police de la marche pacifique initiée par le Rassemblement de l’opposition. Les manifestants se dirigeaient vers leur lieu de regroupement, au rond-point Kavimvira. Mais la police les a interceptés sur leur parcours, tirant à balles réelles sur la foule avant de la disperser.
 
La victime, Yorogo Sambaza, président sectionnaire de l’UNC, est blessée grièvement et a été évacué vers l’hôpital général de référence d’Uvira. Il se trouvait à la tête d’une centaine de partisans de l’opposition, qui voulait se rendre à la MONUSCO pour déposer leur mémorandum.
 
Ils ont été stoppés à Kibongwe par la police. Au bout d’une forte discussion, la police s’est vue obligée d’ouvrir le feu pour la disperser la foule dans tous les sens.
 
Le porte-parole du Rassemblement, Me Tuye François, affirme que sa plateforme avait informé les autorités civiles et demandé l’encadrement par la police de cette marche pacifique. Mais, il se dit surpris du recours à la force par cette même police.

Mercredi déjà, l’administrateur du territoire intérimaire, Stéphanie Milenge Matundanya, avait interdit cette marche de l’opposition, évoquant des raisons sécuritaires sur la cité d’Uvira.
 
Tôt ce matin, les habitants ont pu observer les soldats des FARDC et la police se déployer sur les artères principales de la cité.

Par la suite, commerces, écoles et quelques agences de voyages ont commencé à ouvrir timidement. Mais, la grande partie de la population est restée terrée à la maison. Par ailleurs, dans les cités de Sange et Kiliba, dans la plaine de la Ruzizi, les activités sont paralysées.

RDC: le gouvernement annonce des funérailles officielles pour Etienne Tshisekedi (Radio Okapid du 2 février 2017)

Le gouvernement de la RDC veut organiser des funérailles officielles pour honorer la mémoire d’Etienne Tshisekedi, opposant historique et ancien Premier ministre décédé le 1er février à Bruxelles de suite d’une embolie pulmonaire.

« Nous attendons que le gouvernement puisse de manière formelle prendre toutes les dispositions pour les funérailles de cette illustre personnalité qui est un ancien Premier ministre de notre pays, un ancien ministre et qui a été le numéro 2 lors des élections de 2011 et qui était à la tête du deuxième parti politique au Parlement de la RDC », a déclaré à Radio Okapi Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Il se dit tout de même « surpris » par la mort du président de l’UDPS, Etienne Tshisekedi.

« Nous sommes un peu surpris parce que hier, nous étions en discussion avec M. Félix Tshisekedi [fils d’Etienne Tshisekedi] jusque vers 18 heures dans le cadre des concertations entre les participants aux discussions directes de la CENCO. Nous savions que Tshisekedi père était admis à l’hôpital pour des examens et nous apprenons cette triste nouvelle maintenant. Nous présentons nos condoléances à la famille du président de l’UDPS et à tous les membres de son parti », a déclaré le porte-parole du gouvernement.

Etienne Tshisekedi est décédé à l’âge de 84 ans à Bruxelles. Il était arrivé mardi 24 janvier après-midi dans la capitale de la Belgique, en provenance de Kinshasa pour des examens médicaux.​

 

Vrai Dialogue en RDC : la main tendue de Tshisekedi ! (La Prospérité du 29 novembre 2016)

 

Son parti, l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social -UDPS-, a effectué une sortie médiatique remarquée. Par la bouche de Jean-Marc Kabund-A-Kabund, l’UDPS dit maintenir le préavis donné au Président actuel. Par ailleurs, les initiatives de la CENCO sont soutenues dans la perspective d’un vrai dialogue qui doit résoudre la crise. Mais, si le régime en place ne cherche pas à réunir les conditions nécessaires pour l’organisation de ce deuxième round avant le 19 décembre 2016 à 23 heures 59’, le carton rouge sera, comme annoncé, exhibé et, ainsi, le peuple va se prendre en charge.

L’UDPS et le Rassemblement martèlent qu’ils sont d’avis que seul un dialogue inclusif mettant face-à-face Kabila et ses alliés du camp Tshatshi d’une part, Tshisekedi et le Rassemblement avec leurs alliés, d’autre part, permettra de trouver une solution consensuelle pour la gestion de la période de transition jusqu’aux élections apaisées. Cette voie médiane se trouverait, comme l’indiquait il y a peu la CENCO, dans un mariage de raison entre l’Accord conclu à la cité de l’Union Africaine d’avec la feuille de route du Rassemblement.

Les point sur les ‘i’’

Selon Kabund, la mouvance en place mène une campagne de diabolisation dans les médias et les ambassades pour saper l’image de Tshisekedi et ses compères en soutenant qu’ils optent pour le chaos en RDC. Face à ces ‘’accusations‘’, le Secrétaire Général de l’UDPS a tenu à crier haut et fort que c’est faux. Le lider maximo et ses alliés n’œuvrent que pour le respect de la Constitution et le bien du peuple, a-t-il assuré.

Pour Kabund, le dialogue organisé au mont Ngaliema n’a été qu’un monologue, ayant fait le lit devant permettre au Président Kabila de rester au pouvoir ad vitam aeternam, c'est-à-dire, qu’il soit Président à vie. Le Rassemblement est disposé à dialoguer et non à monologuer comme le voudrait le pouvoir. Donc, ce n’est point Tshisekedi qui bloque. Toutefois, si d’ici le 19 décembre 2016 aucun vrai dialogue n’a lieu, celui qui se tiendra au-delà ne devrait plus avoir Joseph Kabila comme partie au conflit. Pourquoi ? Parce qu’à en croire l’UDPS, il aura déjà quitté le poste de Chef de l’Etat car n’ayant plus de mandat. ‘’Si cette rencontre se déroule avant le 19 décembre, Kabila en fera partie, autrement, il ne sera plus concerné. Etant donné qu’il aura bien avant béni le pays et le peuple congolais par son départ, le 19 décembre 2016 ‘’, a-t-il affirmé. L’oral du Raïs sur l’Etat de la nation est mal perçu à l’Union pour la démocratie et le Progrès social car, selon leur entendement, le Président aurait menacé l’Opposition et lever l’option de foncer malgré le fait que l’inclusivité n’est pas encore obtenue. La nomination de Samy Badibanga Ntita comme Premier ministre du Gouvernement d’union nationale ne vient rien régler puisqu’il ne représente ni l’UDPS, ni le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. L'UDPS dément avoir donné son aval à la nomination, à tout dire. "Pourquoi on l'aurait fait? Il n'est plus de l'UDPS depuis 2012", a relevé Jean-Marc Kabund-A-Kabund. La semaine dernière, un document a été remis aux évêques de la CENCO pour le compte du Rassemblement. Il ne comportait pas la signature de Tshisekedi et semblait prônée une gestion consensuelle de l’Etat avec Kabila pour des élections en 2017. Le SG de la fille aînée de l’Opposition révèle qu’il s’agissait là simplement d’un  "document de travail" remis à la CENCO en réponse à un autre que cette structure avait donné. Aucune ombre d’Accord n’est à l’horizon. ‘’Nous encourageons donc la démarche engagée par la CENCO pour ouvrir la voie le plus vite possible  au vrai dialogue entre fils et filles de ce pays, pour éviter le pire ‘’, a soutenu en substance le SG de l’UDPS. Toutefois, si rien de cela n’arrive pas, le parti d’Etienne Tshisekedi prévient : ‘’le 19 décembre nous sortons notre carton rouge et nous jouerons notre match sur Triomphal. Aucun gaz lacrymogène ne nous empêchera’’.

Danny Ngubaa

      

Et si Kabila n’avait pas tort ? (Forum des As du 17 novembre 2016)

VIDE JURIDIQUE APRES LE 19 DECEMBRE 2016

Après tout, les articles 103 et 105 de la Constitution - auxquels « Rassemblement » ne fait jamais allusion parce que conscient de leur application mutatis mutandis avec l’article 70 - donnent raison au Président de la République lorsqu’il déclare, dans son discours sur l’état de la Nation du 15 novembre 2016 : « Quant à tous ceux qui semblent se préoccuper à longueur des journées de mon avenir politique – je tiens à leur dire, tout en les remerciant, que la République Démocratique du Congo est une démocratie constitutionnelle et que toutes les questions pertinentes relatives au sort des Institutions et de leurs animateurs sont réglées de manière satisfaisante par la Constitution » et ajoute, comme pour une prise de finition à la manière des catcheurs : « N’ayant jamais été violée, la Constitution sera toujours respectée, et ce, dans toutes ses dispositions »...

Ces dernières heures, les manchettes de la presse étrangère « opposée » à Joseph Kabila rivalisent de créativité et d’ardeur pour continuer d’entretenir le flou sur ce qui est pourtant d’une clarté élémentaire.
« Congo : le président Kabila a éludé l’essentiel », écrit Colette Braeckman, revenue après la sortie manquée de l’affaire Jean-Jacques Lumumba dans le dossier « Bgfi-Céni ». C’est dans sa chronique mise en ligne le 15 novembre 2016 à 20h02. « RDC : devant le Congrès, Joseph Kabila reste vague sur son avenir politique », note Trésor Kibangula de « Jeune Afrique » pour son article mis à jour le même jour à 13h40. « A la Une : Kabila fait durer le suspense », relève Frédéric Couteau dans la dépêche Afp publiée le mercredi 16 novembre 2016. « RDC : un discours à la nation combatif pour Joseph Kabila », signale Rfi dans la sienne du 15 novembre modifiée le 16 novembre à 11h27.
Argument commun, pour paraphraser la spécialiste belge des Questions congolaises, le chef de l’Etat « a éludé la question que se posent tous les Congolais : a-t-il ou non l’intention de prolonger sa présence à la tête de l’État après le 19 décembre, date de l’expiration de son second et en principe dernier mandat ? », s’interroge Braeckman.
Mieux, Trésor Kibangula constate le problème en ces termes : « le Rassemblement, principale plateforme de l’opposition congolaise, ne l’entend pas de cette oreille. Rangé derrière Étienne Tshisekedi et Moïse Katumbi, ce regroupement politique n’a toujours pas signé l’accord politique du 18 octobre, et soupçonne Joseph Kabila de concocter une modification ou un changement de la Constitution pendant la transition, afin de pouvoir se représenter à un troisième mandat ».
Beaucoup mieux, Christophe Rigaud du site web afrikarabia conclut : « Sur son avenir politique, Joseph Kabila s’est montré des plus flous. (…) A aucun moment, il ne s’est déclaré clairement contre la possibilité d’un troisième mandat, comme lui demandent de le faire l’opposition et la communauté internationale depuis plusieurs mois ».
L’autre dirait du cartésianisme qu’il a un sérieux problème d’application en RDC !
Et pour cause !

LE MECANISME DONNE RAISON AU CHEF DE L’ETAT
Dans son discours sur l’état de la Nation du 15 novembre 2016, le Président déclare de façon solennelle que « N’ayant jamais été violée, la Constitution sera toujours respectée, et ce, dans toutes ses dispositions ».
Or, la première disposition qui intéresse l’opinion, selon les médias, est celle du troisième mandat. Tout le monde le sait : la Constitution ne le prévoit nullement. En toute logique, le sujet ne présente plus quelque intérêt. Les choses sont claires.
Il se fait, en plus, que la Constitution règle par elle-même la question de continuité de l’ordre institutionnel, de façon à éviter le vide juridique. Pour les institutions à mandat électif (Président de la République, Député national et Sénateur au plan national), le Constituant prévoit les articles 70 pour le premier, 103 pour le deuxième et 105 pour le troisième.
Leurs libellés respectifs sont les suivants : « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois. A la fin de son mandat, le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective du nouveau Président élu » (article 70), « Le député national est élu pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible. Le mandat de député national commence à la validation des pouvoirs par l’Assemblée nationale et expire à l’installation de la nouvelle Assemblée » (article 103) et « Le sénateur est élu pour un mandat de cinq ans. Il est rééligible. Le mandat de sénateur commence à la validation des pouvoirs par le Sénat et expire à l’installation du nouveau Sénat » (article 105).
Quoi de plus normal que d’entendre Joseph Kabila soutenir dans son discours sur l’état de la Nation que « toutes les questions pertinentes relatives au sort des Institutions et de leurs animateurs sont réglés de manière satisfaisante par la Constitution » ! Quoi de plus normal surtout qu’il en vienne à féliciter ses pourfendeurs de lui donner l’occasion de le démontrer aussi clairement que courageusement.
Pour rappel, dans son communiqué du 13 novembre 2016 par lequel il rend compte des échanges qu’il a eus le samedi 12 novembre dernier avec les membres du Conseil de sécurité ayant séjourné au pays, « Rassemblement » soutient qu’à la date du 19 décembre 2016, autant que le Président de la République, « toutes les autres institutions de la République à mandat électif n’auront plus ni légalité ni légitimité » au pays.
Or, le mécanisme constitutionnel comprenant les articles 70, 103 et 105 donne raison à Joseph Kabila, fort de la Loi fondamentale qui dispose, d’ailleurs, s’agissant de la Cour constitutionnelle, que « Les arrêts de la Cour constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours et sont immédiatement exécutoires » et qu’en plus « Ils sont obligatoires et s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, civiles et militaires ainsi qu’aux particuliers ». C’est à l’article 168.

FORMATE POUR LES INTERETS DU MAITRE
Reste alors à savoir pourquoi les députés nationaux et les sénateurs membres de « Rassemblement » n’évoquent pas les articles 103 et 105 qui leur permettent de « glisser » légalement et légitimement au détriment de l’Udps, l’unique grand parti de la plateforme à n’avoir ni députés (reconnus), ni sénateurs (faute d’avoir participé au cycle électoral de 2006-2007) !
La Constitution congolaise a certes des faiblesses avérées. D’ailleurs, même ses défenseurs les plus acharnés admettent que la révision constitutionnelle est inévitable, même si elle ne doit s’opérer qu’après et non avant les élections.
Et qu’a-t-on décidé au Dialogue de la Cité de l’Union africaine, si ce n’est du respect strict de la Constitution dans la période comprise entre le 19 décembre 2016 et la date d’investiture des institutions issues des élections ? Au cours de cette période, il n’est question ni de révision constitutionnelle, ni de référendum constitutionnel.
La morale, dans cette affaire, est qu’à ce jour, précisément, fonctionnent au pays deux familles politiques. Celle qui, d’un côté, se conforme à la Constitution même si elle est présentée dans l’opinion comme étant non respectueuse de cette loi fondamentale et, de l’autre, celle qui déclare vouloir défendre à tout prix la Constitution pendant qu’en réalité, elle en est la première et principale pourfendeuse. C’est le cas, pour la première, de la Majorité présidentielle et, pour la seconde, de « Rassemblement ».
S’il arrive à esprit se voulant cartésien de ne pas percevoir cette simple évidence, c’est qu’il est dans un schéma qui ne garantit aucunement les intérêts de la RDC. Il est formaté pour les intérêts de son maître, dirait l’autre. Il fait exactement ce qu’il doit faire : empêcher Joseph Kabila d’avoir raison même lorsque les faits confirment qu’il n’a pas du tout tort dans ses prises de position.
C’est ce qui se fait à haute voix.
Omer NSONGO DIE LEMA/Correspondance particulière