Déterminés à mettre fin à la gestion opaque qui a caractérisé la ville de Kinshasa pendant 12 ans, les députés provinciaux font défiler, à tour de rôle, à l’hémicycle, les différents gestionnaires de capitale faisant partie de l’équipe dirigeante sortante.  Hier mardi 21 mai 2019, c’était au tour de Muissa Monga Lilomba, Directeur général du Fond d’Assainissement de Kinshasa (FONAK), service urbain chargé de financer les activités de salubrité et de protection de la ville-province de Kinshasa, de passer à la barre. 

C’est le député provincial Philippe Isangu Muteba, à la faveur d’une question orale avec débat, qui a contraint le DG de Fonak à venir s’expliquer sur la gestion des fonds mis à sa disposition par certains organismes publics pour l’assainissement de Kinshasa, ainsi que sur la gestion des crédits budgétaires destinés à la RASKIN par l’entremise de ce service, notamment, par le Trésor urbain et les producteurs de sachets et de matières plastiques.  

            L’élu provincial a soutenu que des fonds reçus des entreprises et autres contribuables ne sont pas signalés dans les comptes budgétaires de la ville de Kinshasa, et jamais canalisés vers la RASKIN, qui a pourtant en charge l’évacuation des immondices. Pour lui, la ville-province de Kinshasa n’est toujours pas assainie. Malgré les explications fournies par le DG Muissa dans sa répliqué, il a proposé à la plénière la mise sur pied d’une Commission d’enquête d’urgence, afin de revisiter tous les dossiers noirs. 

            On a noté que dans ses moyens de défense, le DG Muissa a souligné qu’à ces jours, il  existe 3 sources principales d’appuis budgétaires, notamment l’Office Congolais de Contrôle (OCC), le Fond de Promotion de l’Industrie(FPI) et l’Office de Gestion Multimodal (Ogefrem). Mais, il y a aussi la taxe d’assainissement ainsi que des subventions du trésor urbain. Selon lui, 20% seulement de ces ressources sont destinées à la gestion du personnel et au fonctionnement du FONAK. Le reste, soit 80%, est toujours consacré aux activités d’assainissement.

            S’estimant insatisfait par ces explications, l’auteur de la question orale a maintenu l’option de la mise sur pied d’une Commission d’enquête. Celle-ci, a-t-on appris, sera composée de la commission provinciale en charge de l’Environnement, de l’Ecofin et de la PAJ, et aura pour tache de faire la lumière sur la hauteur des fonds  effectivement mis à la disposition de Fonak ainsi que leur affectation. 

            Pour le Président de l’Assemblée provinciale, Godé Mpoyi, la Commission devra tenir aussi compte de la motion d’information du rapporteur Junior Nembalemba, sur la destitution de Muissa Monga en 2013, alors ministre provincial au Plan, pour incompétence et mégestion. 

Jean-René Ekofo