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Redditions : un vent de conscience nationale souffle sur les groupes armés! (Le Phare du 14 février 2019)

 

Depuis le changement de gouvernance au sommet de l’Etat, il s’observe une accélération des cas de redditions des groupes armés dans pratiquement toutes les « zones rouges » de la République. Un vent inédit de prise de conscience nationale souffle sur les seigneurs de
guerre et leurs troupes. A ce sujet, les feuilletons les plus édifiants étaient enregistrés, peu après l’investiture du nouveau Chef de l’Etat, dans le Grand Kasaï, où des centaines de miliciens agissant sous le label de Kamwina Nsapu, s’étaient présentés, avec armes de guerre et rudimentaires, munitions et amulettes, aux autorités tant civiles que militaires, pour annoncer leur rupture avec leur statut de hors-la-loi.

Pendant que des dizaines d’autres membres des milices Kamwina Nsapu continuent de sortir des forêts, jurant de ne plus retomber dans la contestation armée du pouvoir établi, des fils égarés du Nord et de
l’Est du pays (Ituri, Nord-Kivu, Sud-Kivu) se signalent, au niveau des
antennes locales des FARDC (Forces Armées de la République du Congo), pour déposer armes et munitions de guerre.
 

Au moment où les responsables politiques et militaires saluent ces
vagues de redditions, il convient d’attirer leur attention sur
l’impératif de la prise en charge effective et correcte de ces
ex-combattants pour les empêcher de renouer, à court terme, avec leur
existence de criminels, violeurs, pilleurs… sans foi ni loi. Des
mécanismes appropriés de leur intégration, soit dans les forces armées
ou la police, soit la vie civile, devraient être rapidement étudiés et
mis en place afin que ces redditions ne se transforment pas, dans les
jours à venir, en effets d’annonce sans lendemain.
        L’autre bataille à gagner par les nouveaux et futurs animateurs des
institutions de la République, c’est de doter le militaire, le
policier et l’agent de renseignements du minimum vital. Car, sans
l’amélioration de son social, il serait utopique d’espérer un
changement des mentalités de la part du concitoyen en uniforme et/ou
de celui œuvrant dans le secteur du renseignement.
        Mais la solution durable pour l’éradication des milices et groupes
armés, c’est l’aménagement, au niveau des provinces, des
infrastructures et des conditions d’existence à même de sortir leurs
populations de la précarité.
        En fait, si la RDC peut fonctionner comme un Etat de droit, fondé sur
la justice sociale et la modernisation effective des milieux ruraux,
les laissés pour compte seraient de moins en moins tentés de trouver
la solution à leurs frustrations politiques, sociales et autres dans
leur engagement dans des groupes armés. C’est sûr qu’ils y
réfléchiraient par deux fois avant de se laisser instrumentaliser par
les seigneurs de guerre et leurs parrains, bien souvent présents dans
les institutions de la République et les forces de défense.
        On se réjouit du signal fort donné par les ex-miliciens mais leur
retour aux bons sentiments devrait être capitalisé par la mise en
œuvre d’actions de nature à les rendre utiles à la National et les
mettre à l’abri des besoins sociaux de base.
        Il est écoeurant de constater qu’au moment où un nouvel esprit gagne
les fiefs des forces négatives, certains fils et filles du pays
s’évertuent à distiller le vénin du tribalisme, de l’exclusion, de la
xénophobie, de la chasse à l’homme au sein de la communauté nationale.
Ce comportement est fort dangereux car de nature à démobiliser les
ex-combattants, pourtant prêts à participer à la reconstruction
nationale et à les pousser à remettre en cause tous les acquis de la
démocratie et de la passation pacifique du pouvoir au sommet de
l’Etat.

                         Kimp
COMMUNIQUE DE PRESSE DES FARDC

 Suite à de nombreux cas de reddition observés dans le Grand Kasaï
parmi les miliciens de KAMWINA NSAPU, en ITURI dans les rangs de la
FRPI, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, notamment parmi les milices APCLS
et NYATURA, au Maniema dans les camps de Mai-Maï CHETANI, USENI,
MUKUAMBA et WAMAZA, les Forces Armées de la République Démocratique du
Congo félicitent tous les Groupes Armés qui ont accepté de déposer les
armes pour permettre à la Population de vivre sereinement dans la paix
et la sécurité.

Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo encouragent
les autres Groupes Armés qui tardent à entendre la voie de la raison à
suivre cet exemple de haute portée patriotique en vue de leur
participation au développement de notre pays. Les Forces Armées de la
République Démocratique du Congo assurent que des dispositions sont
déjà prises et des structures mises en place pour la prise en charge
de tous les membres des Groupes Armés qui acceptent de déposer les
armes.
Ainsi, Les Forces Armées de la République Démocratique du Congo
exhortent tous les autres Groupes Armés qui sont prêts à quitter la
brousse et à se rendre, de prendre contact directement avec les
commandants des Régions Militaires les plus proches ou les
responsables de l’UNPDDR.

Il reste entendu que tous les réfractaires à cet appel subiront toute
la rigueur de la Loi.

 
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